Parlons clair: le Parti Libéral Radical débloque. Ou, du moins, sa Direction.
Que doit-on penser d’un parti qui mord la main financière qui le nourrit? D’un parti qui propose de renouveler le mandat d’un conseiller fédéral affligeant? D’un parti qui a proposé de surtaxer l’assurance maladie des personnes en surpoids? D’un parti, enfin, qui voulait donner aux assureurs l’entièreté du pouvoir de négociation avec les hôpitaux?
La légèreté n’est pas une politique
Lorsque Fulvio Pelli déclare qu’il ne veut plus que de l’argent propre en Suisse, quel but poursuit-il? Pense-t’il que les banques veulent de l’argent sale? Ignore-t-il que notre législation est la plus dure au monde en ce qui concerne le blanchiment d’argent, les opérations d’initiés, les avoirs sans nouvelles?
La Direction du PLR n’ignore pas non plus que le secret bancaire est là pour protéger de la curiosité des états la sphère privée de tous les individus. La vôtre, la mienne, celle de tous. C’est, du point de vue helvétique, un droit politique fondamental et ce sont les Libéraux qui le défendent depuis toujours.
Les Radicaux le faisaient aussi. Autrefois.
Enfin, M Pelli ne devrait pas ignorer les règles de négociation: lorsqu’on concède sans contrepartie un point à l’adversaire, il en exigera aussitôt un second, si possible aussi sans contrepartie.
Ce qu’en revanche la Direction du PLR semble ignorer de réitérées manières, ce sont les notions élémentaires de communication et de politique. En communication, on ne mélange pas débat externe et débat interne. En politique, on ne cherche pas à faire le bonheur des gens malgré eux. Un PLR, allié traditionnel des banques et de l’économie, qui propose d’aller contre les recommandations de ces milieux sous prétexte de suivre son électorat se trompe non seulement de cible, il se trompe de stratégie. Et laisse un boulevard politique à l’UDC.
Conclusion triste
Alors, que penser de tout cela? S’il s’agissait de n’importe quel parti, je sourirais. Mais il s’agit du parti qui veut que je fusionne avec lui. En tant que Libéral genevois, je me serais accommodé de bien des choses au PLR. J’aurais même apprécié travailler avec les magistrats Longchamp et Maudet.
Mais en tant que Libéral, genevois, Conseiller Municipal et chargé de communication dans une banque, mon sens du militantisme ne va pas jusqu’à cautionner la politique désastreuse du PLR.
Sans explication claire sur ces éléments, je voterai non à la fusion le 14 avril, et j’attendrai calmement. Si je dois devenir Libéral-quelque chose, pourquoi pas Vert Libéral?
Pour adhérer à un parti, il faut en regarder la qualité, pas la taille.
Alexis Barbey
Coneiller Municipal Libéral en Ville de Genève











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